La jeune cadre dynamique qui voulait conquérir le monde – Camille CORDOUAN

Camille-CordouanBehnaz est programmée pour réussir. Jeune, ambitieuse, c’est le genre de personne qu’on préfère ne pas laisser à la concurrence.

Lorsqu’elle franchit un matin de septembre les portes d’une grande société du CAC 40, pour Behnaz, l’équation est simple : son énergie, son talent lui permettront de gravir rapidement les échelons, ses succès seront ceux de l’entreprise. Mais Nathalie Rigoli, sa supérieure directe, en a décidé autrement. Et il lui faut composer avec les deux autres membres de l’équipe : Boris, un jeune homme sans personnalité qui compense sa médiocrité par son fayotage, et Fabienne Kirchbirger, la doyenne du groupe, qui souffre des tâches ingrates qu’on lui attribue.

Dans ce huis clos tragi-comique s’invite également l’infect Grégoire Laprune, un voisin de couloir. La situation devient rapidement hors de contrôle pour Behnaz.


La jeune cadre dynamique qui voulait conquérir le monde est un roman écrit par Camille Cordouan et publié aux éditions Robert Laffont que je remercie chaleureusement pour cet envoi. Au premier coup d’oeil je me suis demandée ce qu’il pouvait bien se cacher derrière ce titre à rallonge. Le synopsis à fini d’étayer ma curiosité. Alors bien évidemment, avant d’entamer ce livre je m’attendais clairement à la problématique suivante : La place des femmes en entreprise (Un sujet qui m’anime tout particulièrement  tout autant qu’il me révolte). Et puis finalement il n’est pas vraiment question de cela, du moins pas directement…

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Nous faisons la connaissance de Behnaz, une jeune femme brillante qui semble exceller dans tout ce qu’elle entreprend. Elle est jeune, ambitieuse et a tout ce qu’il faut pour réussir, encore faut-il être encadré et entouré par des personnes bienveillantes. Mais malheureusement, rencontrer ce genre de personne dans un milieu concurrentiel comme celui ci ce n’est pas chose facile, Behnaz le sait bien. Après avoir terminé ces études, elle se démarque largement dans le milieu avec d’excellents résultats. Lorsqu’elle est embauchée dans une grande entreprise, tout le monde en son sein a déjà entendu parler du fameux prodige qu’est Behnaz. D’énormes responsabilités lui sont confiées dans l’espoir que ces talents fassent décoller l’entreprise, en bref elle est attendue comme le Messie. Mais tout ne va pas se passer comme prévu. Elle se retrouve dans une équipe gérée par une véritable peau de vache, Nathalie Rigoli, qui va tout faire pour l’empêcher d’atteindre ses objectifs. En ce qui concerne ses collègues, ce n’est guère mieux, Boris qui semble avoir un énorme poil dans la main est ici car sa mère, de part sa fonction haute placée le lui permet. Et puis il y a Fabienne, la doyenne à la limite du Burn-Out. Behnaz voit ses rêves s’envoler lorsqu’elle débarque dans cette équipe de bras cassés, mais elle garde l’espoir et persévère comme elle l’a toujours fait. Mais cela vas t-il pour autant suffire ?

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Je ne m’attendais pas à ce que ce livre marque autant mon esprit. Il est cru et n’épargne pas le lecteur sur la vérité du monde des entreprises. Entre concurrence, malveillance entre collègue, hiérarchie, discrimination je peux vous dire qu’on est servi. Et de manière contradictoire c’est un livre que j’ai trouvé très motivant, du moins en partie. Behnaz est une femme déterminée qui ne se laisse démonter par rien, ni personne : un exemple à suivre. J’ai été très touchée par ce personnage, la persévérance dont elle fait preuve malgré les humiliations qu’elle subit chaque jour, est assez incroyable. Chaque jour elle doit subir des remarques désagréables sur son pays d’origine, son parcours, ses diplômes ou encore des gestes déplacés de la part d’un de ses collègues. Ce qui est le plus dur avec ce livre c’est que tout ce qu’il relate est réel, une triste vérité qui, aussi aberrante soit-elle, est encore tolérée aujourd’hui.

Dans l’ensemble j’ai beaucoup aimé ce livre, ce n’est pas de la grande littérature mais l’écriture est agréable et fluide. Les personnages sont bien travaillés, on perçoit les traits de caractère propre à chacun et l’on comprend où veut en venir l’auteur. Je crois que je peux comparer ce roman à des montagnes russes dans le sens où j’ai ressenti toute sorte d’émotions lors de ma lecture. Entre les rires, la révolte, la tristesse et l’énervement je crois que j’ai déployé une palette d’émotion quasi complète.

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Je recommande vivement ce roman qui nous offre un aperçu très réel du travail en entreprise. La manière dont l’auteur aborde la notion de Burn out est intéressante et particulièrement poignante. 


 

Les mondes de l’arbre – Sophie HENRIONNET

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Céleste, 13 ans, et son petit frère Anatole viennent de déménager à contrecœur.
Dans leur nouvelle maison, d’étranges phénomènes se produisent et les deux adolescents découvrent une porte mystérieuse dans le cabanon du jardin. En la franchissant, ils plongent dans le monde de l’Arbre cosmique dont l’équilibre est menacé par des forces contraires. Désignée comme l’élue, Céleste va devoir constituer une guilde pour sauver l’Arbre… et le monde des Humains qui en dépend. En parallèle, rien ne se passe comme prévu dans « son » monde et la rentrée en quatrième est chaotique.
Entre l’acquisition de nouveaux pouvoirs et des rencontres surprenantes, la double vie de Céleste va la mener vers des aventures inoubliables !


Les mondes de l’arbre de Sophie Henrionnet est un roman fantastique publié aux éditions Playbac. J’avais déjà entendu parler de ce livre il y a quelques temps et l’avait gardé dans un coin de ma tête pour changer un peu de mes lectures habituelles. C’est lors d’un salon du livre que j’ai croisé Sophie Henrionnet, l’occasion parfaite pour enfin me procurer ce livre qui me faisait envie. Ce n’est pas du tout le genre de livre qui m’attire habituellement car j’ai toujours peur de me retrouver dans un univers trop enfantin, un univers dans lequel je ne me sens pas à ma place tout simplement. Mais là pour le coup, en lisant la quatrième de couverture je me suis vue entrer dans cet univers, j’avais terriblement envie de découvrir cet arbre et les mondes qu’il abrite.

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Celeste et Anatalole viennent d’emménager dans leur nouvelle maison. Un nouveau départ pour ses jeunes qui s’apprêtent à faire leur rentrée dans une nouvelle école avec le lot d’inquiétudes qui va avec. Anatole semble enchanté à l’idée de rencontrer de nouveaux amis, ce qui n’est pas le cas de Celeste qui a un tempérament plutôt introverti. Celeste et Anatole vont découvrir l’existence d’une cabane en piteux état au fond de leur jardin. Après un bon nettoyage une mystérieuse porte à l’intérieure de cette cabane va attirer leur attention. Mais comment se fait-il que cette porte ne soit pas visible par n’importe qui ? Pourquoi Anatole est-il capable de la voir uniquement en présence de Céleste ? Une avalanche de questions sans réponses va les pousser à franchir cette porte derrière laquelle ils découvrirons la vérité sur leur monde, une vérité bien différente de celle qu’on leur apprend à l’école. La vérité selon laquelle un arbre cosmique abrite plusieurs mondes et leurs peuples dont les Gudruths avec qui ils vont faire connaissance. Hélas depuis quelques temps, l’équilibre de ces mondes est menacé. Selon la prophétie, une élue accompagné de sa guilde sera le seule remède pour rétablir l’ordre dans l’arbre. Cette élue n’est autre que Céleste. Du haut de ses 13 ans, elle devra trouver le courage pour accomplir la mission périlleuse que lui ont confié les Gudruths : Rétablir l’ordre dans l’arbre et ainsi sauver les différents peuples qui l’habitent, y compris le sien.

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Ce premier tome de fonction introductive se consacre en grande partie à la présentation de l’univers et des personnages qui le compose. Et croyez moi il y a beaucoup de choses à dire quand on a l’imagination débordante de Sophie Henrionnet. J’ai une grande admiration pour ces auteurs qui arrivent à recréer un monde dans son intégralité, et qui en plus de cela parviennent à faire voyager le lecteur. Sophie Henrionnet est l’une d’entre eux. L’univers qu’elle nous présente est d’ailleurs le gros point fort de ce livre, selon moi. J’ai adoré découvrir toute la fantaisie de ce monde où humains et autres espèces cohabitent, le tout formant l’équilibre de l’arbre cosmique. Ne soyez pas surpris de croiser des animaux qui parlent comme vous et moi, des créatures légendaires telles que les dragons ou encore des insectes de taille surprenante. Les descriptions des personnages et des paysages sont très détaillés à tel point qu’on s’y croirait. En disant cela je pense notamment à la scène où Céleste et Anatole découvre, à dos de dragon, un univers remplie de magie qui leur ait complètement inconnu, ou encore la scène où Céleste découvre les différents mondes qui composent l’arbre à travers le livre. Si vous n’avez pas lu le livre vous ne comprendrez pas de quoi je parle, mais je vous assure que cela vaut le détour ! Vous l’aurez compris, j’ai été complètement transporté par ce livre, le temps de ma lecture je n’étais plus sur terre, je vagabondais aux côtés de Celeste et Anatole, à la quête de réponses sur les mystères de ces mondes. Car oui, des mystères il y en a un paquet ! Nous avons les prémices d’une intrigue qui s’esquisse tout doucement au fur et à mesure de la lecture, mais dans ce premier tome tout reste assez vague sur ce sujet. On sait que l’équilibre de l’arbre est menacé, plus ou moins par qui et pourquoi. A la fin de ce premier tome, on apprend comment l’élue et sa guilde vont devoir s’y prendre pour rétablir l’ordre. Une révélation qui promet une suite riche en émotion, en rebondissement et surtout en aventure. C’est le genre de livre que je vois bien adapté au cinéma, même si je ne suis pas une grande fan d’art cinématographique je dois avouer que j’adorerais retrouver cet univers sur le grand écran. J’aimerais revenir sur un point que j’ai mentionné en début d’article concernant le côté enfantin de l’ouvrage. Alors effectivement, c’est un livre de littérature jeunesse et qui s’adresse, en théorie, aux plus jeunes. Cependant, je pense que c’est un livre qui peut toucher toutes générations dans le sens où si le contenu peut paraître très fantaisiste et il l’est, la plume soignée de l’auteure est là pour contrebalancer le tout. Certains diront que ce décalage entre l’histoire et l’écriture décrédibilise les personnages relativement jeunes. Je ne suis pas de cet avis, au contraire, ce contraste entre le côté enfantin de l’histoire et la plume très « littéraire » de l’auteure permet de toucher un public plus large, selon moi. Et je dois dire que je suis très heureuse de trouver un livre en littérature jeunesse où l’écriture est recherchée et soit dit en passant très subtile. Comme dans tout il y aura des avis divergents à ce sujet, les goûts et les couleurs ne se discutent pas comme on dit. En bref, j’ai vraiment hâte de découvrir le deuxième tome pour en savoir d’avantage sur les différents personnages et surtout partir à l’aventure à leurs côtés !


Si vous cherchez un livre capable de vous transporter en terres inconnues, un récit fantastique très bien écrit je vous recommande vivement Les mondes de l’arbre !


Juste un défi entre nous – Marie Anjoy

Juste-un-defi-entre-nousEn week-end dans une maison d’hôte à l’occasion d’un anniversaire, Meg assiste involontairement à des ébats torrides entre deux invités. En plein acte, Nick l’aperçoit, mais ne dit rien. Déstabilisée par cette rencontre conjuguant voyeurisme et érotisme, Meg se laisse progressivement apprivoiser par Nick, même si tout les oppose dans leur quête individuelle du bonheur et de l’amour. Nick pourra-t-il aimer à nouveau après la mort de son ex-femme ? Meg sera-t-elle condamnée à rester dans =l’ombre de la disparue?? Entourés d’amis cabossés par des passés douloureux, Nick et Meg nous plongent à tour de rôle dans les débuts tumultueux de cette romance sous haute tension.


Juste un défi entre nous est une romance érotique écrite par Marie Anjoy et publié aux éditions Bas Bleus que je tiens d’ailleurs à remercier de m’avoir fait découvrir ce livre. Lorsque j’ai lu le synopsis, j’avais hâte de découvrir ce qu’il se cachait derrière. J’avais également peur que ce soit une romance un peu tchip et prévisible à souhait. Finalement j’ai été très surprise par ce roman qui m’a tenue en haleine jusqu’à la dernière page !

Megane est une jeune femme banale qui mène une vie plutôt tranquille. Si vous demandez a ses amies ce qu’elles pensent d’elle, celles-ci vous répondront sûrement que c’est une sainte-ni-touche qui à beaucoup de mal à se lâcher depuis sa dernière déception amoureuse. Alors lorsqu’elle se retrouve prise au piège, telle une voyeuse, cachée sous une table devant un couple en plein ébats, vous vous doutez bien du malaise ambiant dans cette pièce, surtout lorsque l’homme en question, Nick, la remarque et joue clairement de la situation. Parlons d’ailleurs de ce Nick, c’est un jeune homme plutôt mignon, un personnage très arrogant, en résumé tout le contraire de Megane. Celle-ci va donc devenir un challenge pour notre tombeur qui va tout mettre en oeuvre pour la séduire et ainsi parvenir à ses fins. Mais le plan de Nick ne va pas se dérouler exactement comme prévu. Quand le passé douloureux refait surface il devient difficile de conjuguer avec celui-ci…

Je n’ai pas pour habitude de lire des romances érotiques, d’ailleurs beaucoup leurs reprochent un manque flagrant d’histoire, d’intrigue à suivre et qu’il s’agit surtout d’un enchaînement de scène érotiques.  Quand j’ai ouvert ce livre, je partais déjà avec des à-priori, j’avais peur de me retrouver face à ce type d’ouvrage qui mise tout sur la partie érotique au détriment du reste. Je dois dire que j’ai été assez surprise comme je le disais plus tôt, puisque ce n’est absolument pas le cas pour ce livre. Je ne m’attendais pas à trouver un  récit aussi riche tant au niveau de ses personnages que de son intrigue le tout accentué par une alternance de point de vue entre nos deux protagonistes, plutôt bien maîtrisée. J’ai été très touchée par le personnage de Nick, par son histoire et la manière dont il gère le deuil de sa femme. Le lecteur l’accompagne dans cette épreuve  difficile jusqu’à sa prise de conscience sur les sentiments qu’il éprouve pour Meg. Tous les événements s’enchaîne dans un timing parfait ce qui explique pourquoi je n’ai pas pu lâcher ce livre. Cependant, un léger manque de crédibilité est à souligner notamment en ce qui concerne le soudain changement de caractère de Meg. On début on découvre une jeune femme plutôt timide, une véritable sainte-ni-touche et qui, du jour au lendemain, se dévergonde totalement. Un changement un peu trop rapide et de ce fait peu crédible. Ceci dit cela ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture. L’intervention du psychologue en fin de lecture est très pertinente et permet au lecteur de comprendre d’avantage Nick dans sa manière d’agir et d’affronter le deuil de sa femme. Dans l’ensemble j’ai trouvé que l’état d’esprit des personnages était extrêmement bien décrite, notamment avec les interventions de leur consciences que j’ai trouvé rigolotes. Je ne peux malheureusement pas vous en dire plus sans vous spoiler … Quoi qu’il en soit, j’ai adoré faire un petit bout de chemin avec Meg et Nick, et c’est un peu nostalgique que je referme ce livre qui m’a accompagné lors de mes dernières soirées.

Marie Anjoy est infirmière et vit dans le sud de la France. Rêveuse, elle écrit pour son plaisir depuis l’enfance. Des histoires pour faire rêver, avec de beaux happy-ends, des romances à l’image de celles qui lui permettraient de décompresser après des journées difficiles. Désormais à la retraite, elle s’est lancé le défi d’écrire sa première romance avec Juste un défi entre nous. Je dois dire que Marie Anjoy fait une belle entrée dans le monde de la romance avec ce livre, qui je l’espère, est le premier d’une longue série.

Juste un défi entre nous  sera le compagnon parfait pour animer vos soirées avec un soupçon de légèreté et surtout, beaucoup d’amour.



Juste un défi entre nous sera disponible dans toutes les librairies à partir 3 mai 2018

Toutes blessent, la dernière tue – Karine GIEBEL

CVT_Toutes-blessent-la-derniere-tue_1231Je connais l’enfer dans ses moindres recoins. Je pourrais le dessiner les yeux fermés. Je pourrais en parler pendant des heures. Si seulement j’avais quelqu’un à qui parler…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin…

Frapper, toujours plus fort. Les détruire, les uns après les autres. Les tuer tous, jusqu’au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures. Un homme dangereux. Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique. Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite ! Parce que bientôt, tu seras morte.

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Toutes blessent, la dernière tue est un thriller psychologique écrit par la très talentueuse Karine Giebel et publié aux éditions Belfond. Quelle joie d’avoir été sélectionnée pour cette masse critique  Babelio que je tiens, d’ailleurs, à remercier ainsi que les éditions Belfond pour l’envoi. Comme vous le savez, je suis une grande fan de thrillers, et comme l’un ne va pas sans l’autre selon moi, je suis également une adepte des livres de Karine Giebel. C’est une autrice que j’admire énormément, notamment pour sa plume d’une finesse captivante. Alors, comme souvent lorsque j’ouvre un livre de Karine Giebel, je prévois un bon stock de post-it pour marquer les tournures de phrases qui me plaisent ou encore les passages marquants. Et comme toujours il y en a beaucoup !

 

Cette fois-ci, Karine Giebel aborde un thème très sérieux, un thème qui est malheureusement toujours d’actualité. Je parle de l’esclavage. Alors l’esclavage a bien été interdit avec l’entrée de la loi du 5 août 2013 dans notre code pénal. Je trouve d’ailleurs que c’est une mesure qui a été prise bien trop tardivement et qui malgré tout n’empêche pas d’autres formes d’esclavage de préexister encore aujourd’hui. Je parle ici de la servitude domestique qui est une forme d’esclavage moderne touchant en majorité les jeunes filles. Dans ce livre, nous ait retranscrit l’histoire de l’une d’entre elles. Tama est agée de 8 ans lorsqu’elle est vendu à une famille en France, en tant que servante. A l’âge où les petite filles vont à l’école, évoluent avec l’innocence propre à leurs ages, Tama, elle, travaille du matin au soir sans répit, sans amour et a déjà conscience de la cruauté du monde dans lequel elle vit. En parallèle nous découvrons Gabriel, un tueur en série, un psychopathe qui vit reclus sur une colline. Un homme instable émotionnellement, un homme blessé, qui aujourd’hui a soif de vengeance. Jusqu’au jour où une jeune femme victime d’un accident non loin de chez lui se retrouve entre ses mains. Amnésique à cause du choc de l’accident, jeune et fragile elle semble être la proie parfaite pour Gabriel. Et pourtant, il va la garder en vie et la retenir prisonnière entre les murs de sa maison.  

 

Le premier chapitre nous annonce la couleur d’entrée de jeu. J’ai tout de suite su que je me lançais dans une lecture qui allait mettre à l’épreuve mon petit cœur d’artichaut. Ce premier chapitre est d’une puissance émotionnelle grandiose. Le livre entier est d’ailleurs fidèle à celui-ci, Karine Giebel est maître dans l’art quand il s’agit de toucher le lecteur en plein cœur, elle sait l’attendrir à souhait et l’écraser au moment opportun.

J’ai été infiniment touchée par les personnages, notamment par la jeune Tama à qui il ne reste rien, même pas son prénom (« Tama » est un nom qu’on lui a donné qui signigifie « Servante ») et qui pourtant continue de se battre encore et encore sans relâche. Dans ce livre, l’amour est une dimension  très importante et  bien mise en avant puisqu’au final c’est grâce à cela que Tama trouve le courage de se battre corps et âme pour survivre

De l’autre côté nous avons Gabriel, un personnage que j’ai apprécié mais auquel je me suis moins attaché dans le sens où les chapitres le concernant sont dans l’ensemble très courts et peu nombreux. Gabriel est donc un tueur en série, un homme qui a eu un parcours semé d’embûches, chacune contribuant à façonner le mal en personne. On comprend vite que Gabriel souffre de démence et est clairement instable psychologiquement ce qui plonge le lecteur dans une ambiance d’autant plus malsaine. C’est un personnage que j’ai perçu comme très morbide mais qui se révèle être, au final, un être d’une grande fragilité émotionnelle avec l’arrivée de notre inconnue amnésique dont l’identité est un des grands mystères de ce livre. Contre toute attente, au vu de la description du personnage, j’ai approuvé une certaine sympathie envers Grabriel.  C’est d’ailleurs ce qui est assez incroyable avec Karine Giebel ; elle possède cette faculté de faire ressentir au lecteur un sentiment d’attachement envers ses personnages les plus diaboliques. Je dois dire que c’est quelque chose qui m’a mise mal à l’aise au départ mais qui, au final, ne m’a pas déplu. A contrario, elle nous dépeint des personnages vraiment détestables que j’ai haï  du plus profond de mon être au point de sentir mes doigts se crisper sur le livre. Comme Gabriel, j’ai commencé à éprouver un désir de vengeance extrême envers les bourreaux de Tama, j’étais révoltée, peut être même à la limite de la crise de nerf mais heureusement l’Edito est arrivé comme une cerise sur le gâteau pour assouvir ce besoin de vengeance (« Rire diabolique », mais bon qui sème le vent récolte la tempête comme on dit !)

Pour en revenir à nos lauriers, l’autrice jongle parfaitement bien entre ces deux scénarios ce qui rend la lecture d’autant plus addictive. Le lecteur cherche à comprendre le lien entre les deux, ce qui n’est pas chose facile puisque Karine Giebel nous rend la chose difficile en nous donnant de fausses pistes, notamment sur l’identité de notre inconnue amnésique. Et puis de fausses pistes en fausses pistes arrive le dénouement final qui fut pour le moins inattendu. Là encore, Karine Giebel a su me surprendre. Les destins croisés de nos protagonistes forment un double scénario haletant incroyablement bien ficelé

Et puis alors cette fin… Si tragique et tellement belle à la fois. Le temps s’est arrêté, mon cœur a du rater un ou deux battement, j’ai refermé ce livre à bout de souffle et des étoiles plein les yeux. 

 

Toutes blessent, la dernière tue est le genre de livre qui marque les esprit. Vous savez, ces livres qui lorsque vous les refermez, vous ressentez le besoin de vous poser quelques minutes au calme et de réfléchir à toutes les émotions que vous avez pu ressentir en le lisant, à la morale de tout cela. Juste un petit lapse de temps indispensable pour revenir à la réalité. 

 

Vous l’aurez compris, j’ai été complètement emballée par ce livre, tant par l’univers dans lequel nous plonge Karine Giebel que par les personnages qu’elle nous présente. Je vous recommande bien évidemment ce livre ainsi que les autres de la même autrices qui sont de véritables trésors. 

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Comme je vous le disais plu tôt, j’avais prévu un stock de post-it. Et heureusement car il m’a bien servi, je puis vous l’assurer ! Je ne peux, évidemment pas, partager avec vous toutes les pages que j’ai marqué (1° Parce que risque de spoilers. 2° Cela prendrait beaucoup beaucoup beaucoup bea… trop de temps ). Bref j’ai retenu qu’un seul passage qui m’a marqué parmi tant d’autres… 

Pour poser un peu le contexte du passage. Nous sommes sur le point de vu de Tama qui découvre la télévision et nous dévoile ce qu’elle apprend à travers elle. Indirectement elle nous dépeint sa vision du monde ou devrai-je plutôt dire sa découverte du monde puisque jusqu’ici elle était complètement exclue du monde extérieur. C’est avec un regard plein de sagesse et presque enfantin qu’elle s’exprime sur le monde. 

 

 

 

 

 

 

La légende des quatre – Cassandra O’Donnel

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ILS SONT QUATRE? 

HÉRITIERS DE LEURS CLANS…

ILS DOIVENT S’UNIR POUR SURVIVRE

Loup, tigre, serpent, aigle : quatre clans ennemis. Les Yokais, créatures tantôt humaines, tantôt animales, vivent dans un harmonie fragile. Maya, l’héritière du clan des loups, et Bregan, du clan des tigres, sont les garants de la paix. 

Mais pourront-ils résister à leurs instincts profonds pour sauver leurs tribus ?


 

La légende des quatre est une dystopie de littérature jeunesse écrite par Cassandra O’Donnell et publié aux éditions Flammarion jeunesse. Voilà un joli moment que ce livre me faisait de l’œil. De plus en plus en plus intriguée, j’ai fini par craquer pour ce livre qui, petit à petit, commence à faire du bruit se démarquant ainsi de ses camarades dystopiques. D’entrée de jeu, j’ai accroché à l’univers que nous laisse entrevoir le synopsis accompagné de sa sublime couverture réalisée par Xavier Collette. Soit-dit en passant, j’ai peut être été influencée par ma grande passion pour les loups lorsque, pour la énième fois ce mois-ci, j’ai craqué pour ce livre ! 

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Cassandra O’Donnell nous plonge dans en milieu hostile où cohabitent humains et Yokais, des hybrides tantôt humain tantôt bête. Le peuple des Yokais se divise en quatre tribus : celle des loups, des aigles, des tigres et enfin des serpents. Tout ce petit monde cohabite difficilement, chacun possède donc son territoire. Il y a également des zones neutres destinées à toute la population mais où des règles strictes imposées par un ancien traité de paix doivent être respectées sous peine qu’une nouvelle guerre éclate. Des tensions sont aussi palpables entre les tribus Yokais, de vieilles querelles qui ont traversé les générations et qui perdurent encore aujourd’hui. Mais un jour où un jeune tigre insouciant pénètre par mégarde sur le territoire des loups, toute cette haine accumulée finit par éclater. Un enchaînement d’évènements va faire ressortir d’anciennes querelles. Humains et Yokais ne sont pas à l’abris qu’une nouvelle guerre éclate. Des alliances inattendues vont se former pour combattre un ennemi commun car comme dit le dicton : « Les ennemis de mes ennemis sont mes amis« . 

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J’ai littéralement dévoré ce livre et je dois dire que je me suis régalée !  Etant donné que c’est un premier tome, je ne m’attendais pas à une intrigue prenant le dessus, mais plutôt à une description assez complète des personnages et de l’univers qui les entoure, comme la plupart des premiers tomes vous allez me dire.

Alors effectivement, ce premier tome tourne d’avantage autour de la description sur un fond d’intrigue concernant les tensions existantes entre les différents clans. L’univers dans lequel nous plonge Cassandra O’Donnel m’a beaucoup plu, les descriptions sont relativement précises et j’espère qu’elles seront plus étendues dans les tomes à venir. En ce qui concerne les personnages, le lecteur suit plus particulièrement les héritiers des différents clans, nous avons donc Maya pour les clan des loups, Bregan pour le clan des tigres, Nel pour le clan des aigles et enfin Wan l’héritier du clan des serpents. La description de ces différents personnages est plutôt complète, tant sous leurs formes humaines que sous leurs formes animales. Chacun possède un caractère bien distinct les rendant tous aussi attachants les uns que les autres (Même Wan, oui oui). Ce premier tome, comme l’indique son titre « Le clan des loups » se consacre plus particulièrement sur les Lupai. Nous avons aussi un bon aperçu du clan des tigres, mais en ce qui concerne les clans des aigles et des serpents nous ne disposons que de très peu d’informations sur eux. Et par contre, nous n’avons aucune information sur les humains, ni leurs relations avec les Yokais si ce n’est le fait qu’ils sont en mauvais terme avec eux. Là encore, nous ne savons pas pour quelles raisons les relations sont si difficiles entre les différents clans. 

Pour le moment, ce manque d’informations concernant certains aspects de l’histoire ne m’a pas dérangé dans le sens où nous sommes sur un premier tome ayant, par définition, une fonction introductive, donc un tome censé planter le décor dans sa globalité. Je dirais donc : A voir sur les prochains livres, certainement qu’ils se consacreront d’avantage sur les autres clans, l’intrigue…etc.

Dans l’ensemble, c’est un livre qui se lit très vite. Dés les premières pages je suis rentrée dans l’histoire sans difficultés et j’ai eu du mal à en sortir à l’approche de la fin. Nous avons un scénario cohérent, des personnages crédibles que j’ai adoré voir s’unir dans un but commun malgré leurs différents, et enfin un univers qui m’a, personnellement, séduite. Autant vous dire que j’ai hâte de lire la suite et de découvrir ce que réserve Cassandra O’Donnel à ses personnages.

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Cassandra O’Donnell est une autrice que je découvre avec grand plaisir. Dans ce premier tome elle nous dévoile une écriture simple mais efficace, un tout fluide faisant de ce livre un véritable « Page Turner » pour les jeunes comme pour les moins jeunes ! C’est d’ailleurs le gros point fort de ce livre qui se trouve être accessible à tout public par la simplicité de son écriture et par son vocabulaire  relativement compréhensible pour les plus jeunes sans paraître trop pauvre pour les plus âgées.  

 

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Ce premier tome est une belle amorce qui nous présage une saga riche en émotion ! Un livre que je vous recommande bien évidemment et qui saura, j’en suis sûre, vous transporter dans son univers fantastique. 



« Le Rossignol chante à pleine voix comme s’il ne voyait pas les barreaux de sa cage »


 

Si vous souhaitez savoir à quel clan vous appartenez, vous pouvez faire le quizz créé par Flammarion : Cliquez ici !

Sans grande surprise je suis une Lupai ! Peut-être ferez- vous partie de mon clan… Ou peut être pas. 

 

Smoke – Dylan Viletas

41h5IOWykbL._SX195_Angleterre, fin du XIXe siècle. À Londres s’entassent les classes laborieuses qui par tous les pores exsudent une infecte Fumée, preuve de leur noirceur intérieure et de leur infériorité. À la campagne vivent les aristocrates, d’une blancheur de lys et qui ne fument jamais, signe de leur vertu et de leur droit à gouverner.
Dans un internat d’élite, Thomas et Charlie, seize ans, s’exercent sans relâche à dompter leurs instincts afi n de ne pas fumer. Mais le doute les tenaille : comment se fait-il que l’un de leurs congénères, un vrai petit tyran, soit épargné par la marque du vice ? Avec l’aide de la ravissante et très prude Livia, ils enquêtent sur la nature réelle de la Fumée. Et découvrent que l’ordre établi est fondé sur une scandaleuse duperie.
Dès lors, une lutte à mort s’engage entre eux et la police politique. C’est la guerre de la passion contre la raison, du désir contre la bienséance, du droit contre l’injustice – même si leurs frontières sont souvent imprécises.


Smoke de Dan Vyleta est un roman dystopique qui s’est retrouvé entre mes mains grâce aux éditions Robert Laffont, que je remercie chaleureusement pour cet envoi. J’ai de suite été intrigué par ce synopsis qui nous présage un univers assez particulier, presque lugubre et une intrigue innovante autour de cette fameuse fumée. Le tout résumé par cette couverture sobre et d’une simplicité efficace. Dan Vyleta mentionne, d’ailleurs, à plusieurs reprises le célèbre romancier que l’on ne présente plus : Charles Dickens Ni une, ni deux j’ai chaussé mes petites lunettes et j’ai plongé dans ce roman qui attisait tant ma curiosité. 

 » Smoke est une réflexion provocante sur la nature du mal, du pouvoir, de la foi et de l’amour » 

Publishers Weekly

la fumee

Nous sommes à Londres, fin du 19ème siècle. Dans une société dominée par la fumée qui émane de chaque être vivant. Un monde où les sentiments tels que la colère, la joie, la tristesse seraient visibles par l’intermédiaire de cette fumée noir opaque synonyme de péché. Dans ce monde, la fumée est à l’origine de la lutte des classes qui fait rage depuis des années, ou peut être bien des siècles…Personne ne sait depuis quand la fumée embaume le pays, ni son origine. Le pays est donc divisé entre la classe laborieuse et la classe bourgeoise. Les classes laborieuses sont recluses dans les villes où le paysage est inondé de fumée, comme un brouillard impénétrable couvrant les édifices et habitants de suie. Tandis que les classes bourgeoises se tiennent à l’écart, dans la campagne où l’air est pur puisque, eux, ne fument pas… ou presque. Les bourgeois mettent tout en oeuvre pour dompter l’indomptable puisque contrôler la fumée revient à passer sous silence sa véritable nature. Ce monde c’est celui  de Thomas et Charlie, deux ados issus de classes bourgeoises qui, comme depuis des générations, résident dans un internat réservé aux enfants de la classe supérieure. Chaque jour ils s’entraînent à contrôler leur fumée, un devoir qu’ils se doivent d’accomplir pour perpétuer les traditions et trouver leur place parmi l’aristocratie, seule légitime détentrice du pouvoir. Thomas et Charlie vont être amené à se lancer sur les traces de la vérité concernant cette division sociale et son origine. A ce moment là, ils sont encore loin de se douter du gigantesque complot qui se cache derrière  cette inexplicable fumée…

nuage-de-fumée-noir-d-isolement-au-dessus-du-fond-blanc-90700086Mon avis sur ce livre est assez mitigé. Ce qui, je dois vous avouer, me perturbe encore : Je ne sais véritablement pas quoi penser de ce bouquin. Lorsque j’ai débuté ma lecture, j’ai été complètement subjugué par l’univers dans lequel nous plonge Dan Vyleta, la description qu’il en fait est très précise à tel point que lorsque je lisais, j’avais la forte impression d’être, moi aussi, enveloppée par cette fumée noir. L’ambiance de ce livre est assez glauque presque sinistre. Ce n’est pas le genre de livre que vous lisez pour vous détendre, c’est un bon pavé qui nécessite, tout de même, un effort de lecture. J’ai bien aimé le duo que forment Charlie et Thomas, ils se complètent par leurs caractères en total opposition. Thomas a un caractère acéré tandis que Charlie est de nature sereine créant, ainsi, un parfait équilibre entre les deux.  J’ai beaucoup aimé ce concept de fumée lié à la lutte des classe qui nous rappelle, sur ce point, notre société à nous mais sans le surnaturel. De plus, on retrouve une diversité assez impressionnante en ce qui concerne le cadre dans lequel l’auteur fait évoluer ses personnages. Ce changement de cadre régulier apporte un peu de neuf et m’a, finalement, permis de ne pas décrocher de ce livre. De ce fait nous avons beaucoup de descriptions, mais au détriment de plus d’action. Ces différents décors permettent, d’ailleurs, de créer une espèce de rencontre socio-culturelle entre la classe bourgeoise et la classe populaire. Ce sont des passages que j’ai trouvé très intéressants. L’intrigue autour de la fumée est incroyablement bien ficelée mais pas exploité comme je m’y attendais. Je n’ai pas compris tout de suite où voulez en venir l’auteur sur la fumée : ce qu’elle représentait véritablement dans la société, mais au fil de la lecture tout cela s’éclaircit avec un peu d’imagination. Ce concept de fumée qui dégage, paradoxalement, autant de noirceur que de poésie est, finalement, le gros point fort de ce livre. Dans l’ensemble on peut dire que j’ai apprécié ma lecture, même si celle-ci à été laborieuse. Habituellement je lis, en moyenne, 3 livres par semaine et pourtant j’ai lu celui-ci en 3 semaines. On peut l’expliquer par le fait que ce soit un récit assez dense qui comporte quelques longueurs. Il y a de longs passages où il n’y a aucune action, l’histoire stagne ce qui était plutôt ennuyeux. J’ai aimé ma lecture pour le fond mais il m’a manqué un petit quelque chose sur la forme. Lorsque j’ai refermé ce livre, j’ai eu le sentiment de rester sur ma faim. Je ne peux malheureusement pas vous en dire plus au risque de vous spoiler… 

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En résumé, j’ai apprécié ma lecture malgré quelques coquilles. Je recommande ce livre qui porte à réflexion et qui risque de susciter le débat notamment sur les notions de bien et de mal !

 

 

La véritable histoire de Simon. Héros de la mer de chine – Jean-Michel DEREX

w-750-la-veritable-histoire-de-simon-heros-de-la-mer-de-chine-1-1517235937Je n’étais qu’un pauvre chat affamé, errant sur les quais de Hong Kong, lorsqu’un jeune matelot anglais me trouva. Amusé par mon comportement taquin, il m’emporta sur son bateau. À mon arrivée, le commandant n’était pas d’accord pour me garder, mais il changea vite d’avis lorsqu’il me vit partir à la chasse aux rats qui peuplaient la coque. Un vrai terrain de jeu pour moi !

Je voguai dès lors sur le HMS Amethyst en compagnie de mes nouveaux amis, m’amusant à leur jouer quelques tours, et j’avais la belle vie. Jusqu’à ce que le bateau se fasse attaquer par des révolutionnaires chinois sur le fleuve Yang Tsé, et que nous devions lutter pour survivre.

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Saviez-vous que nos chères amis les animaux ont, eux aussi, joué un rôle décisif dans le déroulement de l’histoire ? Non parce que moi je l’ignorais jusqu’à aujourd’hui. Je me souviens des cours d’histoire sur le rôle des hommes dans l’histoire mais jamais de celui des animaux. Et pourtant, ces oubliés de l’histoire ont fait preuve d’une bravoure exceptionnelle. Pour vous donner quelques chiffres, on estime que durant la seconde guerre mondiale, 30 millions d’animaux ont été d’une aide précieuse pour combattre l’ennemi. Même si aujourd’hui la contribution des animaux n’est pas mentionnée dans les manuels d’histoire, elle a tout de même été reconnue avec la création de la Médaille Dickin en 1943. Une médaille destinée aux animaux ayant servi en temps de guerre. C’est le cas de Simon alias Le héros de la mer de Chine qui a permis à tout un équipage pris en otage sur leur bateau, de survivre sans leurs rations alimentaires. 

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La véritable histoire de Simon, héros de la mer de chine écrit par Jean Michel Derex et publié aux éditions Pierre de Taillac, s’adresse principalement aux jeunes lecteurs (6-9 ans). C’est une manière plus ludique et amusante de faire découvrir l’histoire aux plus jeunes. Le récit est accompagné de superbes illustrations réalisées par Clément Masson.

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J’ai passé un agréable moment en compagnie de l’adorable Simon qui m’a fait découvrir L’HMS Amethyst et ses matelots. Un récit fluide et des illustrations à couper le souffle le tout formant un combo parfait ! 

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Oui mais c’est pas tout ! Cet album jeunesse est extrêmement complet puisqu’on y trouve également des informations supplémentaires concernant Simon, notre fameux chats marin ainsi que ses collègues qui ont eux aussi donné un coup de patte aux hommes en temps de guerre. 

Embarquez à bord de l’HMS Amethyst et laissez Simon vous raconter son histoire.

Dans la même collection, vous pouvez également retrouver Rintintin le plus célèbre chien du cinéma ainsi que Vaillant, un pigeon qui porte bien son nom ! 

 

 

Les mille visages de notre histoire – Jennifer NIVEN

les-mille-visages-de-notre-histoire-1026756-264-432 (1)Tout le monde croit connaître Libby Groby,

pourtant, personne ne s’est jamais intéressé qu’à son obésité. Elle a longtemps vécu recluse dans sa chambre, cachant son corps et ses angoisses. Cette année, sa vie peut changer : Libby s’est inscrite au lycée.

Tout le monde croit connaître Jack Masselin :

étudiant rebelle, sexy… aux réactions imprévisibles. Sous son arrogance, Jack a enfoui un secret douloureux.

Une histoire d’amour rédemptrice.

Des ados justes et charismatiques et le courage de s’accepter tel que l’on est.

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Les mille visages de notre histoire est une romance de littérature jeunesse qui étonnement vient de rentrer dans ma liste « Romance coup de coeur« . Si vous me connaissez un peu, vous savez que cette liste n’est pas très longue, ce genre littéraire n’étant pas mon favoris. Il y a quelques temps je vous avais fait part d’une de mes résolutions qui était de m’aventurer d’avantage dans les littératures jeunesses autrement dit : D’outre passer mes préjugés concernant le manque de crédibilité présent dans la plupart des romances notamment en littérature jeunesse. Et bien sachez que j’ai partiellement validé cette résolution avec ce livre ! (Applaudissements s’il vous plait). 

Petite mention spéciale pour cette couverture que je trouvais déjà très joli lorsque je l’ai trouvé en librairie et qui en fin de lecture a pris tout son sens. J’ai un petit faible pour les couvertures qui possèdent une véritable signification, qui lorsque tu les regardes une dernière fois après avoir terminé ta lecture tu te dis « Ah ! C’est pour ça, tout s’explique ! ».

 

« Mon cœur se décroche et tombe quelque part entre la pédale d’accélérateur et le frein »

 

Libby Groby est une ados, qui de son jeune âge a déjà connu de douloureuses épreuves. Il y a quelques années, elle a du faire face au décès de sa mère. Une période qu’elle a passé entre les quatre murs de sa chambre, coupée de tout contact humain car déscolarisée. Durant cette longue période Libby a pris beaucoup de poids. Jusqu’au jour où, enfermée chez elle depuis bien trop longtemps, une violente crise d’angoisse la paralyse de la tête aux pieds. Son père désemparé, n’a d’autres choix que de prévenir les secours qui ,à ce moment là, son loin de se douter de ce qu’il se passe dans cette maison depuis quelques années. Lorsqu’ils découvrent Libby, il n’ont d’autres choix que de l’évacuer de toute urgence, sous les yeux de tout le voisinage ayant ce besoin d’assouvir leur curiosité malsaine. Libby Groby a fait la une des journaux, a été l’objet de bon nombre de débats, et a finalement été catégorisée comme la plus grosse ados d’Amérique. Trois années plus tard, Libby a perdu beaucoup de poids et retrouvé une santé de fer lui permettant de poursuivre son parcours scolaire dans un lycée. Alors qu’elle s’apprête à retrouver une vie normale loin des hôpitaux, une montagne de questions se dresse devant elle. Comment va t-elle être accueilli ? Son niveau scolaire actuel va t’il suffire ? Se sent-elle prête ? Malgré cela, elle va prendre son courage à deux mains et intégrer le lycée, retrouver les élèves qui se souviennent encore d’elle comme celle que l’on a dû évacuer d’urgence en cassant les murs de sa maison pour pouvoir l’en sortir. Elle va faire la rencontre de Jack Masselin, l’un des garçons les plus populaires du lycée. Vous savez, ce genre de gars carrément mignon mais hyper arrogant qui sort, bien évidemment, avec la fille la plus populaire du lycée. Mais tout cela n’est une façade que Jack met en avant chaque jour pour cacher un lourd secret : Il souffre de prosopagnosie. C’est une maladie qui l’empêche de distinguer et de mémoriser les visages de quiconque, même de ceux qui lui sont le plus proches. Les destins de nos deux personnages vont se croiser créant, ainsi, une superbe histoire et surtout une belle leçon de vie. 

 

« Je monte le son pour ressentir la musique résonner en moi, couler dans mes veine comme mon sang »

 

J’ai beaucoup aimé ce livre tant pour ses personnages que sont histoire mais aussi, et surtout pour le message de tolérance qu’il tend à faire passer. Dans un premier temps , je vais vous parler des personnages qui sont finalement, le centre de ce livre. Nous avons donc Libby, une jeune fille époustouflante et qui personnellement est presque devenue un exemple de courage et de détermination. J’ai beaucoup accroché avec ce personnage là dotée d’une personnalité incroyable, certainement façonnée par les épreuves qu’elle a enduré. Au même niveau, j’ai également adoré Jack qui m’a beaucoup touché par sa sensibilité que l’on ne soupçonne absolument pas en début de lecture. Ce que j’ai aimé avec Jack, c’est que l’auteure ne nous dévoile pas clairement sa véritable personnalité. Le lecteur la découvre au fil de sa lecture par des scènes mettant en avant le mal-être de Jack et la difficulté de son rythme de vie combiné à son handicap.  En début de lecture on découvre un véritable connard sans scrupules (pardonnez moi l’expression) et puis finalement on se rend compte que tout cela est éphémère et que derrière cette carapace se cache un être très touchant qui n’a d’autres choix que d’agir ainsi pour se préserver lui-même. 

Autre point important, que je n’ai pas encore mentionné : L’alternance des points de vue. Nous avons donc le point de vue subjectif de Libby et de Jack, rarement sur une même scène ce qui évite ce côté répétitif et ennuyeux. Cette narration alternée fait que nous avons des chapitres très courts ce qui rajoute une certaine intensité au récit et le rend d’autant plus addictif

On retrouve cependant ce léger manque de crédibilité en ce qui concerne l’évolution presque trop rapide des sentiments amoureux entre nos deux personnages. Je dois dire que je m’y attendais, mais ce n’est pas quelque chose qui m’a empêché d’apprécier ma lecture dans le sens où ce livre ne tourne pas uniquement autour de cette histoire d’amour. Comme dit plus tôt, il va bien au delà en faisant passer un message fort sur l’acceptation de sois

« Nos deux univers se rencontrent, le mien, le sien. Ensemble, on va changer le monde »

 

Parlons un peu de Jennifer Niven qui est une auteure que je découvre avec ce livre. Peut-être la connaissez-vous de par son premier roman YA « Tous nos jours parfaits« , traduit, tout de même, dans 41 pays ! J’en avais beaucoup entendu parler sans pour autant me décider à découvrir ce qu’il se cachait derrière tout cet engouement. Et puis comme je ne fais jamais les choses dans l’ordre, j’ai commencé par le petit frère qui l’a rejoint il y a peu. Je dois dire que je suis bien contente d’avoir finalement découvert cette auteure qui a su me convaincre avec l’incroyable finesse de sa plume. Je ne crois pas avoir déjà lu de livre abordant le thème de l’obésité comme elle le fait dans ce livre. Elle ne fait pas que le survoler, non. Elle rentre dans le vif du sujet, l’exploite à son possible et casse ainsi les codes de la société en abordant un thème devenue tabou. J’aime ces auteurs qui usent de leur talent pour oser  dénoncer la stupidité du monde dans lequel nous vivons. 

 

En résumé, Les mille visages de notre histoire est un magnifique roman, qui au delà de nous conter une histoire d’amour entre deux adolescents que tout oppose, nous offre une grande leçon de vie : La tolérance. Je recommande mille fois ce livre qui, je l’espère, vous redonnera l’espoir. 

 

« J’ai dû déployer tellement d’efforts pour apprendre à connaître chacun, et même si la couleur de peau ou celle des cheveux m’aident à distinguer les gens, ce n’est pas ce qu’ils représentent pour moi. Ce n’est pas de ça qu’il s’agit. Ce qui compte, ce sont les choses plus importantes : la façon dont leurs visages s’illuminent quand ils rient, leur façon de marcher quand ils viennent vers moi, ou la disposition de leurs taches de rousseur en forme de constellation »

 

 

 

 

L’enfer de Kathy – Kathy O’Beirne

SYNOPSIS

39760696L’enfer, Kathy ne craint pas d’y aller, elle y a vécu toute son enfance. Maltraitée par un père colérique, elle est placée à huit ans dans un foyer de redressement où elle subit abus et maltraitance. Quand elle dénonce son agresseur, on la « sauve » en l’envoyant à l’hôpital psychiatrique ! Puis c’est dans une laverie des sœurs Madeleine d’Irlande qu’elle est internée. Dans cette institution religieuse accueillant les jeunes filles dites « perdues », elle prie et trime toute la journée, pour expier ses fautes. Mais de quels péchés doit se repentir une enfant dont le seul tort est de se voir abandonnée de tous ? Comment garder espoir face à la cruauté d’adultes censés veiller sur elle ?

 

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L’enfer de Kathy est un récit autobiographique traitant de sujets très sérieux tel que la maltraitance. Ce livre est le témoignage d’une femme incroyable qui s’est vue maltraitée, abusée durant toute son enfance. L’auteure fait ressortir la petite fille perdue  enfouie en elle depuis  bien trop longtemps pour faire partager son histoire. Je n’ai pas pour habitude de lire des témoignages, c’est vrai que ce n’est pas le genre de lecture vers lequel je me dirige habituellement. Lorsque j’ai lu le synopsis, j’ai immédiatement pensé au film « The Magdalen sisters» de Peter Mullan et pour cause, il s’est justement inspiré de ce témoignage. J’avais été terriblement bouleversée par ce film qui relate l’histoire de jeunes femmes prises au piège dans les laveries des sœurs Marie-Madeleine en Irlande. Si cela vous intéresse, vous pouvez retrouver ce film en bonne qualité sur YouTube, ainsi qu’une « interview » de Kathy O’Beirne (Liens en fin d’article). Vous remarquerez, d’ailleurs, que c’est un thème très peu abordé puisqu’il est considéré comme « tabou », les responsables de ses atrocités refusant, encore aujourd’hui, d’en porter la responsabilité. Il est toujours assez délicat de donner un avis sur un témoignage, de rester objectif sur un sujet qui personnellement me scandalise.

Commençons par se situer un peu mieux dans le contexte. Nous sommes donc en Irlande dans les années 70s. Dans chaque ville se trouve un couvent des sœurs Marie-Madeleine destiné à accueillir des jeunes filles ou des femmes dites « difficiles » ou « perdues ». Il y avait deux types d’établissements gérés par les sœurs Marie- Madeleine : Les écoles de redressements pour les jeunes filles jusqu’à leur majorité et les laveries pour les femmes plus âgées. Ces lieux étaient en réalité de véritables prisons ou femmes et enfants vivaient dans des conditions effroyables. Elles étaient maltraitées, violées et devaient travailler à longueur de journées sans jamais s’arrêter. Entre sévisses psychologiques et physiques, certaines perdaient les pédales et sombraient dans la folie les menant tout droit dans des hôpitaux psychiatriques où les conditions de vie étaient tout aussi abominables. Celles qui osaient se plaindre des maltraitances qu’elles subissaient se voyaient aussi internées dans les hôpitaux psychiatriques. Comme le dit si bien Aodhan Madden, nous étions dans une logique « d’enfermer les victimes pour protéger les coupables ». Des femmes ont vécu toute leur vie dans ce calvaire et ce sont éteintes dans la misère, leurs corps jetés comme de vulgaires ordures dans des fosses communes. Les pratiques des sœurs Marie-Madeleine étaient très rependues dans le pays et bien connues de la population. Mais personne ne se révoltait contre car cela aurait été vu comme une attaque directe contre le pouvoir. En effet, durant la majeure partie du XXe siècle, le seul pouvoir existant était l’église catholique qui régnait en maître, semant l’effroi dans tout le pays. La population n’a pas réagi, même en connaissance de cause, d’une part, par crainte mais aussi car l’église s’est appliquée à ce que ces pratiques soient légitimés dans les esprits des habitants du pays : Ces femmes devaient expier leurs pêchés.

Tout cela était le quotidien de Kathy O’Beirne qui, à l’âge de 7 ans, fut envoyée dans un foyer de redressement de Dublin tenue par les religieuses. Avant cela elle vivait avec sa famille, son père l’a battait tous les jours et a, finalement, prit la décision de la confier aux sœurs Marie-Madeleine, ou plutôt de s’en débarrasser. C’est à ce moment là, que le véritable calvaire commence pour Kathy. Elle connaitra la misère en foyer de redressement, l’enfer des hôpitaux psychiatriques et le travail acharné des laveries. Une jeune fille fragile et naïve qui n’a jamais cessé et ne cessera sans doutes jamais de se demander ce qu’elle a fait pour mériter une telle existence : « Je me bats si durement pour m’en sortir et tenter de trouver une raison à ce qui m’est arrivé. Pourquoi moi, Seigneur, moi et tant d’autres ? ». Lorsque que Kathy fut libérée, elle consacra sa vie entière à aider et à se battre pour les femmes encore prisonnières de cet enfer. Aujourd’hui les couvents des sœurs Marie-Madeleine n’existent plus mais Kathy continu à se battre pour les coupables paient leurs crimes.

Je tiens à saluer le courage de cette femme. Kathy O’beirne qui s’est battue et se bat toujours aujourd’hui pour toutes ses femmes ne pouvant le faire elles-mêmes, car encore prisonnières de leurs chaînes à l’époque ou totalement ravagées psychologiquement aujourd’hui.

L’enfer de Kathy est un témoignage bouleversant, un récit d’une puissance inouïe, une histoire qui devrait être connue de tous afin que le monde sache et surtout, n’oubli pas.

« Notre vie ne valait rien, notre mort encore moins »

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Film de Peter Mullan – « The Magdalen sisters » Cliquez ici

Interview de Kathy O’Beirne Cliquez ici

 

La cité de l’oubli – Sharon CAMERON

SYNOPSIS

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Tous les douze ans, les habitants de Canaan subissent l’Oubli, un mystérieux phénomène qui efface leur mémoire. Pas celle de Nadia. Elle seule n’a pas oublié. Elle seule se souvient que se père a profité de ce bouleversement pour l’abandonner… Le nouvel Oubli approche. Nadia doit percer le secret de cette fatalité avant que sa famille ne vole à nouveau en éclats. Avant que la ville ne sombre encore une fois dans le chaos.

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La cité de l’oubli est une dystopie classée littérature jeunesse qui se distingue assez largement de ses cousines dystopiques avec une intrigue assez différente de ce que l’on peut trouver dans la littérature jeunesse habituellement. Ce roman fait également partie des rares dystopies « one shot ». Je n’ai rien contre les sagas, au contraire, mais parfois ça fait du bien d’avoir le fin mot de l’histoire dans un seul et même livre. Mais c’est également un risque dans ce genre de littérature, qui nous propose un univers complètement différent du notre où tout est à refaire, si je puis dire. C’est un risque dans le sens où le lecteur peut ne pas rentrer complètement dans l’univers en si peu de temps du fait de sa complexité. Le risque que le lecteur ferme ce livre sur un sentiment de rester sur sa faim, sur une impression de non abouti. En bref, lorsque j’ai débuté ma lecture, j’était enthousiaste de découvrir cet univers qui au vu du synopsis, nous réserve de bonnes surprises mais j’étais également sceptique au vu de la longueur du récit. Enfin, petite mention pour la couverture que je trouve sublime !

Imaginez-vous plonger au milieu d’une cité bien différente de ce que l’on connait tous, une cité sans technologies, sans électricité, un retour vers l’ancien temps. Une cité où tous les 12 ans se produit un phénomène inexplicable : L’oubli. Ce phénomène plonge la population dans une amnésie totale, ils oublient tout de leur identité, de celle de leur famille. Tous les 12 ans, ils doivent repartir de zéro. Ces habitants n’ont qu’un seul moyen de ne pas perdre complètement les pédales, de savoir qui ils sont à leur réveil : Leur livre. Ils doivent le porter autour de leur cou, et y consigner absolument tout de leur vie chaque jour pour ne pas faire partie du peuple des perdues, c’est à dire ceux qui ont perdu leur livre avant l’oubli et qui n’ont donc aucun moyen de connaitre leur identité. Tout ceci, c’est le quotidien de Nadia, jeune fille vivant avec sa mère et ses deux sœurs. Son père a pris la fuite avant le dernier oubli et s’est remarié avec une autre femme de la cité. Mais ça, Nadia est la seule à le savoir, à s’en souvenir car elle, elle n’a jamais oublié. Tout au long de ce récit, nous suivons donc cette jeune fille qui va tenter de percer le secret de l’oubli, comment se produit-il et pourquoi ? Pourquoi est-elle la seule à se souvenir ?

J’ai bien aimé l’univers dans lequel l’auteure nous plonge, mais je regrette qu’il n’ait pas été d’avantage exploité, comme je le craignais. Je pense qu’il y avait beaucoup de choses à dire sur cette cité où les modes de vies sont bien différents des nôtres, mais l’auteur nous fait simplement survoler cet aspect là. Il m’a également était difficile de me repérer dans le temps, puisque dans ce roman on ne parle pas « d’heure » mais de « cloche », je pense que cela méritait un peu plus d’explications pour faciliter la lecture. L’intrigue en revanche est bien pensée, la thématique de l’oubli est bien trouvée, une intrigue originale qui est pour moi le point fort de ce roman. En ce qui concerne les personnages, j’ai bien aimé Nadia qui m’a assez émue en ce qui concerne la relation qu’elle entretien avec sa mère qui semble avoir du mal à la considérer comme sa fille et qui pourtant a un comportement très protecteur envers elle. Là, encore, j’aurai aimé en savoir plus sur la mère de Nadia, quelques autres éléments permettant d’expliquer son comportement, par moment, irrationnel. Il y a quelques longueurs mais, je pense, nécessaires pour permettre au lecteur de se familiariser à cet univers et avec ses personnages.

Ce roman est le premier que je lis de Sharon Cameron. Je n’ai pas accroché directement avec son style d’écriture qui est par moment assez maladroit mais qui reste néanmoins fluide de par sa simplicité propre à la littérature jeunesse.

En résumé, La cité de l’oubli est une dystopie qui a su me convaincre par son originalité et que je vous recommande.